Facteur de M & M

Inscription à la newsletter
 

Jeudi 30 mars 2006

Comme à l’habitude les deux abrutis, comme aime à les appeler leur chef, font des escapades dans la montagne. En cette période de grand froid et de disette, ils bravent la peur en s’aventurant très près des habitations des humains. C’est qu’il sent bon le foin entreposé dans les granges.
histoire, aventure, enfant, enfants, ado, ados, humour

Très tôt ce matin, avant même que les lueurs de l’aube éclairent le sommet des « Alpeuses », ils sont partis, discrètement, pour ne pas réveiller le chef, bien que sourd comme un caillou. L’obscurité se faisait pénombre, quand ils furent en vus des premières fermes.

-Hum !... ça sent bon l’herbe séchée, j’en raffole pas mais j’ai tellement faim.
-Chut !... fait voir moins de bruits.

-Brreuhhh !... Excuse moi, mais...
-Je sais, quand t’as faim tu rotes, en attendant tu vas réveill...

-Whaouff !...
-Eh !... Qu’est ce que c’est ?
-Qu’est ce qu’il dit ?
 histoire, aventure, enfant, enfants, ado, ados, humour
Un chien était, là au détour du chemin, assis, il regardait nos deux lascars approcher.
histoire, aventure, enfant, enfants, ado, ados, humour
-« Whaouff » !
-Oui ça j’avais entendu, mais qu’est-ce que ça dit ?
-Ben !... « Whaouff » !

-Excusez moi, je vous disais « Bonjour »

-Ah !... et bien dit comme cela, on comprend mieux
histoire, aventure, enfant, enfants, ado, ados, humour
Moi aussi !
histoire, aventure, enfant, enfants, ado, ados, humour
-Euh !... bonjour, t’es quoi toi ?

-Un chien, je suis un chien et vous : des moutons, des chèvres ?


-Maurice ne répond pas, c’est un serviteur des humains, qui n’arrête pas d’harceler les troupeaux.


-Non, voyez-vous je ne suis pas un de ces chiens de berger, sale et braillard, je ne suis qu’un simple chien de compagnie, oui je fréquente les hommes et ils me rendent mon attention pour eux, par des caresses, de la nourriture. Mais j’en avais assez de cette vie de farniente[1], alors quand ils m’ont attaché à un arbre, au bord de la route, j’en ai eu assez d’attendre qu’ils reviennent, je me suis éclipsé pour voir autre chose. De moi ne craignez rien !


-Bon, nous, nous serions, enfin plus exactement les chèvres seraient nos descendances. D’ailleurs elles ont beaucoup perdu en descendant ! Nous sommes des bouquetins
-Oui, pendant que les chèvres descendent, nous, ont les montent ! Tu comprends ?

-Non pas trop, mais c’est pas grave, moi c’est « Kartoffel», je sais c’est con comme nom, mais vous savez les humains !!!

-Oui, ça, les humains ont avaient remarqué, ils n’ont pas inventé la glace à la neige ! Moi c’est Maurice et voici mon frère Marcel.

-Salut Maurice et Marcel, alors, vous faites quoi dans le coin ?

-Ben !... on allait marauder du foin dans les fermes d’ici !
-Mais, abruti, va tu te taire. Vas-y cri sur tous les toits ce que nous venons faire.

-Mais, il me demande, je réponds !

-Oh !... toi t’aurais mérité d’être humain !

-Ne vous disputez pas, je ne suis pas un chien de garde et je ne mange pas de foin alors, vous ne me privez pas.

-Bon ben alors, a une prochaine. Viens Marcel, on a encore du pain sur la planche.
-Mais, je croyais qu’on allait manger du foin ;

-L’humain : tais-toi !

 Marcel boude, ce qui a l’avantage de le rendre silencieux et ils se dirigent vers la grange la plus proche, suivi du chien « Patate ».
 

-Mes Bouquetins, je ne voudrais pas m’immiscer dans vos affaires, mais la grange vers laquelle vous vous dirigez est surveillée par un chien qui lui est de garde, jour et nuit, dimanche et jours fériés.

-Aussi les années bissextiles ?

-Kartoffel, ne répond pas, avec lui tu vas y manger ton pain blanc.

-Maurice, t’avais dit que c’était du foin... Aïe !... mais Maurice tu m’as mordu !

-Silence ! Les deux comiques, vous allez vous faire repérer, passez par le coté de la grange et faites vite, moi je vais tailler la bavette avec le gardien. Si j’aboie, vous déguerpissez.

-Maurice, tu ne vas pas me mordre ? Mais, avec les chiens comment fait-on la différence entre : quand ils parlent et quand ils aboient ?

-Dépêche toi et mange, parce qu’avec la bouche pleine, tu dis moins de ...

-Moinch che diraich de quoi ?
-Merche !...
-Oh !... Maurice t’as dit une grochierté !...
 histoire, aventure, enfant, enfants, ado, ados, humour

Le ventre et la bouche pleine, nous deux voyous regagnent au trot les sentiers de montagnes, leur larcin ne passera pas inaperçu, avec les traces qu’ils ont laissées dans la neige. Mais par chance, le fichier des empreintes digitales bouquetins n’est encore pas opérationnel.

-Maurice ! Ne cours pas si vite, je n’en peux plus.
-Tu garderais de l’air pour courir plutôt que pour dire des bêtises.

-Peut être mais en attendant, nous n’avons pas remercié la « patate ». Se faire un copain chien aura été un bon gagne pain !

-Mais c’est pas du pain, mais du foin... Crotte voilà que je m’y mets aussi.

-Alors les rois de la cambriole, pour la discrétion vous repasserez, heureusement que le gardien était une gardienne, une vrai chienne ! Nos relations bruyantes ont cachés les votre de bruits.

-« Nom d’un chien », tu m’as fait peur de surgir devant nous !

-Euh !... Pour le nom c’est « Kartoffel », je crois vous l’avoir dit ?

histoire, aventure, enfant, enfants, ado, ados, humour
-Laisse tomber, c’est une expression, alors tu comptes allez où maintenant ?

-Je ne sais pas : trouver un abri et en définitif, trouver un autre maître humain, les caresses et la nourriture à profusion, ça a du bon !

-Ecoute, un peu plus haut, isolé sur le bord des pistes des humains, il y a une construction ou ils servent à manger, c’est pas terrible, mais tu trouveras surement quelque chose à grignoter et tu seras à l’abri du froid.
-Ah !... on y va ? on va enfin manger du pain, YEH !!
-Marcel, c’est d’accord, mais tu n’es pas obligé de faire un foin pareil !

-Mais !... je croyais qu’il y avait du pain !
-Viens Kartoffel, et parle moi de la gardienne de la grange, tu crois qu’elle attaquerait un bouquetin adulte avec des grandes cornes ?

-Sûr ! Elle attaque direct au mollet, pour que l’intrus déguerpisse avant d’avoir eu le temps de se mettre en position de combat.

-Tient on est arrivé, allez salut, nous repasserons plus tard faire un brin de causette si t’es encore là !
-Ah Maurice, attend moi. De quoi tu causais avec notre copain ?
-T’occupe. Tu n’en parles pas au chef, laisse moi faire, j’ai une idée !

-Aïe !

Les bouquetins retrouvent le reste du troupeau.

-Tient ! Mes deux ahuris favoris, dites moi voir où vous étiez passé ?

-Oh par là, chef, on vadrouillait.

-Ah oui !... et c’est dans l’herbe séchée que vous vadrouillez. On ne me la fait pas à moi, vous avez des brindilles partout dans les poils. Où avez-vous trouvez ça.

-Ben euh !...
-Dépêche ou je t’encorne !
-Dans la première grange sur le coté du village.
-Hum !... près des humains.
-Ho !... Il n’y a qu’une vieille qui surveille.
-Une grand-mère ?
-En quelque sorte !

-Bougé pas d’ici, mes mignons. En attendant : vous êtes puni au pain sec.

-Ah ! Tu vois Maurice, qu’on allait avoir du pain.
-@/$%*
 histoire, aventure, enfant, enfants, ado, ados, humour

Eloignons nous pour ne pas entendre les injures et revenons au petit matin, où une nouvelle fois la déception se lit sur le visage de nos deux amis, qui regarde revenir leur chef, bien en vie, quoique pas mal tuméfié.

-Ouaouille !... Mes chaperons, C’est une grand-mère qui surveille ! Mais elle a des dents de loup !

Moi je l’aurais bien dit qu’il ne fallait pas faire autant de foin pour un bout de pain.

histoire, aventure, enfant, enfants, ado, ados, humour
[1] Oisiveté, ne rien faire
 
 
faire un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus